Toutes les grandes entreprises ne naissent pas avec des millions de dollars. Certaines naissent d’une rupture, d’un licenciement, et d’un pari un peu fou entre deux collègues autour d’une table. L’histoire de IACA Électronique, c’est celle d’une résilience qui dure depuis 1998.
1998 : Le pari de la dernière chance
L’été 98 marque la fin d’une époque pour Jean Saltet et Didier Linsolas, son ingénieur de bureau d’études. La société SYTEL Montpellier ferme ses portes. Face au licenciement, une alternative se dessine: et si on continuait, mais pour nous ?
Le nom de l’entreprise ne sort pas d’une agence de marketing. Il est le reflet de l’état d’esprit du moment. À force de répéter « De toute façon, y’a qu’à y aller… » lors des réunions préparatoires, le nom s’impose comme une évidence teintée d’autodérision : ce sera IACA. Avec peu de moyens, mais une certitude et un premier client fidèle, l’aventure démarre.
De la « matière grise » à l’usine : La quête d’indépendance
Au départ, IACA n’est qu’un cerveau : un Bureau d’Études pur. Mais très vite, la réalité du terrain rattrape les fondateurs. Pour vendre de la conception, il faut maîtriser la réalisation.
Frustrés de dépendre de l’extérieur, ils commencent par assembler les prototypes manuellement. Petit à petit, l’atelier s’étoffe. Des machines première génération aux lignes d’assemblage actuelles, l’objectif a toujours été le même : acquérir la souveraineté sur la fabrication. Ne plus dépendre de personne pour donner vie aux idées.
Des succès qui forgent une réputation
Cette obsession de la qualité et de la « solution maison » a permis à IACA de devenir un véritable tremplin pour ses clients. L’entreprise ne se contente pas d’exécuter, elle transforme.
L’exemple de POOL Technologie est frappant. En 2000, c’était une structure de 15 personnes. L’intervention de IACA pour industrialiser leur électronique a été le socle de leur croissance. Aujourd’hui, ils sont 90 et rayonnent à l’international. Même trajectoire pour SIMPLICITI, passée de quelques personnes à 200 collaborateurs grâce aux systèmes embarqués développés en collaboration avec IACA.
L’anecdote « David contre Goliath » : Les 24h du Mans
Mais la fierté de IACA, c’est aussi d’avoir défié les géants. En 2004, IACA développe le firmware d’un boîtier de contrôle moteur pour Pescarolo Sport aux 24h du Mans. Face aux écuries Audi, intouchables avec leurs budgets colossaux, la voiture équipée par la SODEMO en partenariat avec IACA termine 4e au général. Une prouesse technique qui prouve que la passion et l’ingéniosité peuvent rivaliser avec les plus grands.
2018 : L’épreuve du feu
L’histoire n’est pas un long fleuve tranquille. En 2018, lors de la transition de la présidence, l’entreprise traverse une zone de turbulences. Des clients mettent la nouvelle direction à l’épreuve. C’est dans cette tempête que l’ADN de IACA s’est révélé. Loin de plier, la direction est « montée au créneau » pour défendre l’intégrité technique de l’entreprise, soutenue par une équipe d’associés soudée (Chantal BLANCHET, responsable des achats, Philippe POUJADE, ingénieur électronique, Hervé BOURRICAUD, ingénieur informatique embarqué, François PHAN, responsable de production). Trois mois de stress intense qui ont fini par assainir les relations et renforcer la cohésion interne.
Cette solidarité s’est confirmée lors du COVID-19. Le 18 mars 2020, alors que la France s’arrête, l’équipe de IACA décide collectivement de rester ouverte pour soutenir ses clients.
Vers l’avenir : Le virage numérique
Aujourd’hui, IACA entame sa troisième révolution. Après l’électronique et l’industrialisation, place à l’intelligence informatique. Sous l’impulsion de nouvelles compétences portées par l’arrivée de Julien FAURE, en tant qu’ingénieur informatique, IACA a développé la IACA Box.
L’ambition ? Sortir de la zone de confort du « Hardware » pur pour offrir des solutions informatiques embarquées puissantes (Linux). Dans 10 ans, IACA s’imagine comme un pilier de la souveraineté numérique européenne : concevoir et fabriquer en France, pour redonner le pouvoir aux industriels d’ici.